Réponse à un commentaire laissé sur Libération.fr, l'auteur de l'article se nomme "nefergui", ce qu'il a écrit est ce qui est en italique...
1/Le nombre d'élèves par classe n'est pas déterminant pour le bon fonctionnement de la classe. Ce qui est déterminant, c'est l'ambiance dans la classe, le comportement des élèves... Or, maintenant que tout soupçon d'autorité de la part des profs ou des parents est considéré comme scandaleux pour des jeunes fragiles qu'il faut préserver, de nombreux jeunes se croient tout permis et foutent le "merdier" en cours. Excusez moi, mais je sors du lycée, et je crois avoir une bonne expérience de ce qui ne va pas. J'étais en plus dans un lycée non concerné par des problèmes sociaux particuliers. Donc si les élèves étaient pénibles en cours, c'est qu'ils ne respectaient pas les professeurs, qui n'avaient, désolé de le dire, pas suffisamment d'autorité. Tout ça pour dire que l'on peut multiplier le nombre de professeurs par 10, ou supprimer des postes, le résultat sera le même, si les élèves ne sont pas plus respectueux de l'enseignant. Or qui dit respect dit un minimum d'autorité. Car sans autorité, c'est la foire....
Crois-tu réellement qu'une classe de 20 élèves fonctionne de la même façon qu'une classe avec 40 élèves ? Non... Regarde, tout simplement les langues vivantes, que se soit en S, en ES, en L, ce sont des coefficients importants, donc je parle bel et bien pour tout le monde. Le but principal d'une langue c'est qu'elle soit parlée et je ne pense pas qu'en 55 minutes de cours, tous les élèves aient le temps de prendre la parole pour quelque chose de constructif, si le temps de parole est trop restreint. D'autant plus que notre lycée a UN labo de langue, où aujourd'hui une classe entière ne peut y accéder faute de place, un lycée qui accueille 1297 élèves... Et dans n'importe qu'elle classe, il y a au moins, je dis bien au moins, une langue vivante étudiée... Donc, OUI, le bon fonctionnement est du au nombre de personnes dans une classe !
Beaucoup de jeunes ne sont pas respectueux envers les profs... Donc on prévoit une suppression de 11200 postes dans l 'Education Nationale ? Où est la logique ? C'est une façon de punir les élèves ? Combien de profs disent « mais je suis prof, je ne suis pas flic ! » Nous l'avons tous entendu dans notre scolarité au moins une fois. Certes il faut être un minimum sévère, mais cela n'explique pas la suppression d'autant de postes, en outre, jusqu'en 2012, 80 000 sont prévus à la suppression !
2/Des économies sont donc possibles, du fait que le principal problème vient comme je l'ai dit de l'agitation en cours, du manque d'autorité d'un côté (il n'y en a pas besoin de beaucoup mais il en faut quand même un peu) et du manque de respect des autres. Ces économies ne sont pas, contrairement à ce qu'on peut entendre, dues à un gouvernement réactionnaire ultralibéral qui voudrait démanteler le service public de l'enseignement. Au contraire, l'attitude de thésauriseur du gouvernement est une attitude altruiste, qui voit les choses sur le long terme. Laissez s'accumuler les déficits et s'accroître la dette, c'est risquer de mener l'Etat à la banqueroute d'ici quelques décennies, et là pour le coup de foutre tout le système en l'air. Il faut donc penser aux générations futures et arrêter de défendre sa paroisse sous prétexte qu'en supprimant quelques postes, on démantèlerait le service public de l'enseignement. C'est totalement faux et hypocrite de dire ça, économiser aujourd'hui, c'est pérenniser le système sur le long terme.
Faire des économies sur l'Education Nationale... laissez moi rire !
Je vais te dire, malgré ma petite expérience en politique et surtout en économie, comment on pourrait voir les choses... Déjà pour faire des économies, arrêter des payer des milliers le transport de notre cher président pour son petit confort personnel... Arrêter des fabriquer des lampadaires qui servent plus à décorer qu'à éclairer... c'est petit, et bête, mais on en ferait des économies ! Arrêter de dépenser un fric monstre pour avoir la médaille de la ville la plus fleurie (je ne dis pas qu'il ne faut pas de plantes hein) Savoir ne pas dépenser de l'argent pour des choses qui n'en n'ont pas l'utilité... Faire une sorte de pragmatisme économique, avoir des priorités, et si pour vous, l'éducation n'en n'est pas une, il y a un problème, car les jeunes d'aujourd'hui sont les travailleurs de demain, et pour qu'un Etat fonctionne, c'est ce qu'il faut prôner : L'EDUCATION. On ne peut donc pas parler d'attitude de « thésauriseur » du gouvernement, puisque l'argent est dépensé ailleurs.
Autre point important, l'Etat finance de plus en plus les établissements privés, au détriment de ceux du public, donc, oui, nous parlons bien de « démanteler » le service public de l'enseignement. De plus, le gouvernement a financé un projet, un sous-marin nucléaire, qui a coûté 2 milliard d'euros ! Il ne devrait pas servir... Alors pourquoi ? Pour le revendre aux pays qui se font la guerre ? En voilà des économies !
3/En tant qu'ex lycéen, et mon frère étant encore au lycée, je crois que je suis mieux placé que des ex-soixante huitards pour juger des véritables convictions de mes camarades de lycée. Or, c'est là que le bât blesse : la plupart, les 3/4 au moins des lycéens qui descendent dans la rue le font, non pas par conviction, mais uniquement pour faire sauter les cours, pour dire les choses crûment. Un exemple, dans ma ville, Grenoble, 5000 manifestants il y a une semaine, cette semaine, ce sont les vacances : 10 fois moins de manifestants (500 au plus). Drôlement convaincus et engagés ces jeunes qui pensent à leur avenir pendant les cours et n'en ont que faire pendant les vacances. Ceci symbolise pour moi la non légitimité de ce mouvement de jeunes immatures et sans conviction qui descendent juste dans la rue pour ne pas avoir cours...
Quand des académies sont en vacances, se sont les autres académies qui prennent le relais.
Pendant que Grenoble était en vacances, combien y avait-il de lycéens des académies de Créteil et de Versailles sur le pavé de Paris ? 30 à 40 000...
A côté de cela, pendant que nous (c'est-à-dire Créteil et Versailles) sommes en vacances, nous ne nous démobilisons pas : distribution de tracts (oui parce que les médias ne font pas leur boulot... ou bien sont manipulés, au choix...) Certes, il n'y a pas autant de monde qu'en période scolaire, mais crois-moi, que pendant les cours, les gens qui sont absents en cours parce qu'ils ne veulent pas y aller, et se foutent des réformes, ne sont pas à Paris non-plus.
De plus, pour beaucoup, les vacances (billets de train, d'avion etc.) sont prévus largement en avance, et ne peuvent être annulés avec facilité.
4- Dans le même domaine, la réforme de l'école primaire. Le retour de la morale "Mon Dieu c'est réactionnaire, nos petits n'ont pas besoin de ça", le recentrage sur le calcul, la grammaire, la conjugaison..."Mon dieu, c'est un scandale, nos petits doivent s'ouvrir sur des domaines différents, avoir une vision large du monde...." Mais là aussi, mais quand j'entends ça, je suis scandalisé. Ceux qui osent dire ça ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. A l'heure où 15% des jeunes arrivent en sixième sans maîtriser la lecture l'orthographe et/ou le calcul, qui sont deux outils fondamentaux pour s'intégrer dans la société, n'est ce pas légitime de se recentrer quand on voit que nos enfants pêchent là dessus ? Pour prendre un exemple, dans la vie, quand on n'a pas suffisamment d'argent pour s'acheter tout ce qu'on veut, et bien on se recentre sur ce qui est le plus utile. C'est pareil pour l'éducation : au lieu de se disperser dans pléthore d'enseignements, on se recentre sur des FONDAMENTAUX. C'est de là que viendra la survie de notre école primaire, et le regain de son efficacité.
« 15% des jeunes arrivent en sixième sans maîtriser la lecture, l'orthographe et/ou le calcul »
Alors pourquoi le gouvernement s'acharne-t-il à vouloir faire étudier une seconde langue aux enfants, alors qu'ils ne maîtrisent pas encore les subtilités de la langue française, qui je tiens à le préciser, est une des langues les plus difficiles ? Non seulement il y a des matières en plus, mais le gouvernement veut supprimer des heures : le samedi matin pour les petiots...
Darcos voudrait favoriser l'écriture, la lecture, et le français... bien, mais la maîtrise du français peut passer aussi par des cours d'histoire-géographie qui risquent d'être réduits (ce qui en plus est très utile pour la culture générale).
De plus, je prends exemple de ma ville, puisque je connais le problème... Darcos lui-même l'a dit : Le nombre d'élèves dans l'enseignement primaire va augmenter... Cependant, les établissement Jean de la Fontaine (maternelle) et Montaigne (école primaire) voient l'accroissement du nombre d 'élèves, qui fait apparaître le besoin d'une ouverture de classe, mais rien ne sera fait, encore cette année... On va attendre de pouvoir faire des amphis ?
De plus, de nouveaux programmes vont privilégier le « par c½ur »... Il n'y a pas longtemps, j'ai entendu un élève dire « Ce que j'aime en France, c'est qu'on nous apprend à lire et à écrire, mais aussi à réfléchir... Dans mon pays c'est que du « par-c½ur », en effet, apprendre par c½ur est une chose... La compréhension en est une autre !
Enfin, et je finirai là dessus, j'ai écouté les dirigeants de l'UNL et de la FIDL à la radio ce midi. Bilan : incapacité à débattre, pas d'arguments, difficultés à construire un discours argumenté.... Bref, voilà qui décrédibiliser un peu plus un mouvement qui s'apparente plus à une grande foire qu'à une mobilisation de gens convaincus de leurs idées, et capables d'argumenter pour les défendre.
Les lycéens faisant parti d'un syndicat, sont une minorité. Les personnes qui ont de haute fonction, vont de eux-même préférer voir des syndicats, plutôt que « le reste »... Ce dernier a pourtant des arguments... cet article en est la preuve !
Enfin, si vraiment le gouvernement ne veut que notre bien, pourquoi use-t-il de la répression ? Pourquoi les médias n'en parlent-ils pas ? Pourquoi le gouvernement n'est-il pas ouvert au dialogue ?
Darcos veut bien parler, mais pas des suppressions de postes, c'est comme si mon prof d'anglais arrivait en disant « bon, on fait un cours d'anglais sans parler anglais »
Dans notre ville nous avons du EXIGER un entretien avec le maire sur ce sujet...
Pourquoi supprimer plus de postes dans le 93 alors que c'est un département en difficulté?
Pourquoi parlons-nous que des suppressions de postes, qui va entraîner des suppressions d'options ou encore la privatisation d'options? La suppression de la carte scolaire? La suppression du BEP, qui concerne les lycées généraux puisque les élèves en échec sont réorientés là-bas...
La fusion des filières?
A l'école on nous apprend qu'il faut lever la main pour avoir la parole, et nous sommes par la suite interrogés... Chacun à son mot à dire, c'est ce que l'on appelle « la parole au peuple »...
Il ne faut pas oublier que l'Education nationale, notamment les lycéens, sont pour la plupart mineurs, et pas pour autant non-politisés, ils n'ont donc pas eu leur mot à dire en ce qui concerne les élections, j'estime que nous pouvons au moins donner notre avis sur ce qui nous concerne directement aujourd'hui... La « sagesse » ne jaillit pas, et pas à 18 ans...
Si nous ne sommes pas à la hauteur pour débattre car nous sommes d'insignifiants lycéens qui se font manipuler par les profs, il faut nous expliquer et parler de tout !
Sur ce, nous ré-affirmons, qu'il n'y aura pas de blocus à la rentrée, mais nous restons par ailleurs, mobilisés.